LE SANG A LA RIVIERE

Je l’ai vu et ouï, je ne le croyais pas vraiment, je ne voulais pas le croire : la Belgique de Dutroux continue telle qu’hier ! Dutroux et les siens gagnent encore leur quotidien, chez nous. Sont-ils réellement en prison ? Ne se cachent-ils pas toujours dans les prétoires et dans les chambres de nos enfants ? Dans un prétoire d’une ville chef-lieu de province et d’arrondissement, j’ai vu et ouï un président de cour ignorer délibérément les insupportables vexations à l’Enfance et confirmer les ordonnances illégales de substituts corrompus, au mépris de l’instruction et au mépris des Droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant. Interloqué, je l’ai vu, cyniquement, accuser la mère souffrant au profond de son coeur et de son âme. Je me suis pincé pour me lever tout de suite, pour ne pas accepter par lâcheté une hérésie de plus.
J’avais honte de mon pays : maintenant, je dois me battre contre lui. Un pays où l’on nie un Dossier Bis au nez et à la barbe de ses citoyens, est un pays perdu. Perdu de morale. Les voyages en Thaïlande impunis ôtent toute crédibilité à notre art, toute autorité à cet art, tant qu’il ne s’oppose pas systématiquement à la liberté faite aux pédophiles, isolés ou en chœur…
Les juges savent donc qu’ils seront eux-mêmes impunis; ils peuvent, à leur guise, devenir iniques, abusifs et cyniques. Rien ne les arrêtera. Certains se déguisent encore un peu qui pensent donner le change, en se faisant paternalistes et moraux. Pour mieux assassiner l’innocence et les idéaux. Combien d’hommes ne veulent-ils pas être d’accord avec le discours qui taxe les mères de femmes hystériques ? Ainsi, les difficultés disparaissent, l’effort intellectuel s’évite au profit de certitudes couardes : « Voyez ma jurisprudence ! »
Cette mère imagine qu’elle peut encore se battre : elle va, telle une Doña Quijote, affronter les moulins à vent de la Justice belge. C’est qu’elle croit à la chance de sa fillette de pouvoir échapper aux Institutions complices ou aux grand-père bourreau. Devons-nous l’engager à fuir, à s’exiler, craignant, nous, le pire pour elle ?
Je me suis tellement habitué, moi-même, à l’anonymat du maquis, à la résignation d’une lutte honteuse comme autrefois les homosexuels à l’ombre d’une double vie. Les abusés, les violés se taisent ou parlent derrière un rideau : ils sont coupables tant qu’ils ne sont pas morts. Ou, peut-être, pensent-ils encore que c’étaient eux les vicieux ? Qu’il n’y a réellement de pédophiles que dans les livres de psycho ? Qu’ils sont, eux aussi, ces enfants, de simples hystériques affabulateurs ? Que leurs traumatismes sont des lubies de ratés fantasques ?
Les pédophiles et leurs complices, eux, revendiquent le mensonge, ce qui agrée. Les pédophiles ne font pas de vagues, non : ils assassinent en silence et cela plaît à une magistrature qui, assise ou debout, craint les vagues …devoirs ! Les Mamans aimantes et fortes qui se lèvent contre les juges, les substituts ou les avocats, sont « des femmes hystériques souffrant du syndrome d’aliénation parentale ». Elles sont déclarées « fusionnelles » et taxées de « dangereuses pour l’intégrité physique et psychique de leur progéniture » abusée et prostituée.
Il faut donc maintenir haut le flambeau de la lutte contre le fascisme qui veille. Dans les cours de justice, dans certains commissariats de police communale, dans nos familles mêmes. « La lutte pour les droits de l’enfant, clé de la résistance à la loi du plus fort ».

VICTOR KHAGAN

Publicités

A propos TANGAKAMANU

Je suis né en 1950 dans le «Borinage de Van Gogh» (Belgique). Mon existence et mon épanouissement ont été tronqués par le vampirisme régnant à cette époque dans cette région (viols et maltraitance). Sans formation académique, j’ai exercé différentes activités professionnelles jusqu’en 1982. Après la rencontre avec mon épouse, Basque espagnole (deux enfants et 4 petits-enfants), je me suis installé à Madrid où j’ai écrit trois romans, un recueil de poèmes et un de nouvelles. Rentré au pays pour traiter une dépression nerveuse clinique, je me suis attaché à l’étude des traumas et à l’hypnose, sous la direction de professionnels. L’essentiel de mon analyse sociale et de mon travail d’écrivain s’attache à la conditions des personnes dites «rebelles homéostasiques » (Henri Laborit), soit aux individus que le besoin de survie (par dépendance affective, sociale ou morale) empêche de se libérer d’un entourage et /ou d’un conditionnement aliénant ou qui les asservit. Plusieurs romans ont vu le jour depuis et ont été publiés en France (Paris et Lille). Ce sont « Courte biographie de Gumersindo García », « Les chemins de l'aurore »; « Pacifico »; « Famille sans parole, famille sans joie ». « Contradictions d'une civilisation », « Au nom de l'amour » et « Journal d'un survivant clandestin » sont publiés comme essai, reportage et recueil d’articles. Mon recueil de poèmes « Tangakamanu » en est à sa 3° édition. Je suis convaincu que le féminisme est une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et pour la protection de l'Enfance, contre les violences faites aux femmes et contre les trafics d'êtres humains. Ce féminisme égalitaire (3° mouvement) est la vraie révolution de notre époque, qui peut sauver Notre Monde, lui apporter l’harmonie et sauver l’Enfance.
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour LE SANG A LA RIVIERE

  1. ndoshta dit :

    Intéressant, ce laïus. Se lever face à et maintenir haut le flambeau de la lutte…
    Il nous faut des noms, des faits, des lieux.
    Ce que nul ne fournit.
    Le reste, de part et d’autre, n’est que mots.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s