HARCÈLEMENT DE RUE – journal d’un survivant clandestin 25

JOURNAL D’UN SURVIVANT CLANDESTIN (25)

HARCÈLEMENT DE RUE

Pas du tout actuel: situations, en effet, que les femmes connaissent très sûrement depuis le début des siècles…
Aux mecs : il est clair que si on regarde une fille, c’est pas seulement qu’elles sont belles, vu qu’il y a de très beaux mecs et qu’on peut leur jeter un oeil qui apprécie l’allure, l’élégance ou la personnalité, mais il ne nous viendrait pas à l’idée d’appuyer le regard sous peine d’être pris pour ce qu’on est pas, sexuellement parlant.
Donc, si on dévisage, c’est sexuel déjà, clairement.
D’ailleurs, les homos ne dévisagent pas les filles de cette manière mais si les mecs qui leur plaisent…

Bon, mettez-vous dans la peau d’une nana qui se sent ainsi lorgnée disons 50 x par jour.
Combien de mois le supporteriez-vous sans broncher ou réagir ?
Et si c’était des mecs qui vous examinaient ainsi 50 x par jour, comment vous sentiriez-vous ? Pensez-vous que vous supporteriez autant de vous sentir un objet sexuel, à longueur de journées, de semaines, de mois, d’années ?
Vous pensez : c’est flatteur pour elles ! OK, jusque quand ? Combien de centaines de fois avant d’avoir envie de mordre ?
On peut voir sans regarder, non ? C’est de la discrétion et, rassurez-vous : sûr que la nana le perçoit assez pour se sentir flattée, n’insistons pas, diablemou !!

Maintenant, si vous pensez, comme ceux qui les insultent carrément ou pensent qu’il faut toutes les draguer pour se sentir virils : vite, vite, chez le psy !! Problème de mère abusive, problème de crainte de passer pour un « pédé » devant les copains, hantise obsessionnelle de s’en tirer une …et la première qui passe est bonne? problème de père intrusif qui veut faire de vous un macho à coup sûr, pour parader devant ses relations ?

Les femmes, autant que nous, mènent une existence de projets, peut-être plus que nous, d’ailleurs ! Et ce harcèlement, même courtois mais de façon aussi insistante vu le nombre…, détruit l’âme : soit, ça fiche la haine; soit, ça endurcit le cœur; soit ça engendre le rejet des mecs, la méfiance, le recroquevillement sur soi ou la peur même de l’échange; soit encore, ça déstabilise gravement !

Allons, Messieurs, vous réagissez dans un conditionnement qui n’est plus de notre temps, la civilisation évolue : le respect des femmes est désormais incontournable, un peu d’empathie, que diable, la rue n’est pas une boîte de nuit…
Que penseriez-vous d’elles si elles se mettaient à reluquer tous les mecs passables qu’elles croisent, et si c’était votre fiancée, petite amie ou épouse : qu’elles sont des filles faciles ou « dites nymphomanes »… Et vous alors, n’êtes-vous pas dans ce cas, des obsédés, incapables de vous réserver pour votre compagne ?

Non, le harcèlement urbain n’est plus à la mode : les femmes sont nos égales aujourd’hui officiellement et la sexualité masculine n’est plus affaire de primates ! La sexualité est le langage de l’amour et/ou de l’échange vrai, pas une domination généralisée du genre masculin sur le beau sexe.

Mais elles sont si belles parfois et « ce qui est beau est fait pour être vu » ? Et alors, ce sont des êtres humains délicats et un éclair du regard est suffisant comme hommage !! Un peu de retenue et d’élégance, que diable ! Elles ne vous en estimeront que davantage!!
Ou alors, vous êtes si peu sûrs de vous qu’il vous faut une approbation féminine de chaque instant, en plus de celle de votre compagne, de votre mère, d’une confidente ?
Dans ce cas, j’insiste : le problème est dans votre tête et vos collègues de bureau ou vos belles voisines ne sont pas des psys !
Consultez, consultez, frappez à la porte de conseillers conjugaux ou sexuels jusqu’à trouver celle ou celui qui vous convienne !!
Ou forgez-vous la détermination définitive du respect des femmes : c’est comme d’arrêter de fumer ou de boire, les quinze premiers jours sont durs et ensuite, vous vous sentirez beaucoup mieux et, qui sait, vous vous respecterez enfin vous-mêmes pour vous être repris en main, et vous deviendrez vraiment des hommes mûrs et dignes de l’admiration des femmes qui vous plaisent tant.

Pourquoi je vous parle comme ça et avec toutes ces nuances ?
Vous le savez déjà : parce que j’ai été, enfant, longtemps violé et abusé comme une femme et que, jusque l’âge adulte, j’ai dû apprendre, comme elles, à repérer de loin les prédateurs ou les homos pas discrets, pour les voir venir sur leurs grands chevaux, et que j’en ai évidemment profondément souffert au tréfonds de l’âme et de l’identité et de ma place dans la société.
Aujourd’hui, ayant constaté les conditions de vie faites aux femmes et déjà serein quant à mon rôle dans la société, je n’hésite pas à le dire : je me félicite d’avoir vécu ces épreuves pour être devenu capable de saisir, même encore partiellement, le mensonge planétaire sur ces conditions d’existence faites aux femmes (et aux enfants, trop souvent) et pour me réclamer haut et fort du féminisme égalitaire.

Victor Khagan, 2013. (Rebelles homéostasiques)

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A propos TANGAKAMANU

Je suis né en 1950 dans le «Borinage de Van Gogh» (Belgique). Mon existence et mon épanouissement ont été tronqués par le vampirisme régnant à cette époque dans cette région (viols et maltraitance). Sans formation académique, j’ai exercé différentes activités professionnelles jusqu’en 1982. Après la rencontre avec mon épouse, Basque espagnole (deux enfants et 4 petits-enfants), je me suis installé à Madrid où j’ai écrit trois romans, un recueil de poèmes et un de nouvelles. Rentré au pays pour traiter une dépression nerveuse clinique, je me suis attaché à l’étude des traumas et à l’hypnose, sous la direction de professionnels. L’essentiel de mon analyse sociale et de mon travail d’écrivain s’attache à la conditions des personnes dites «rebelles homéostasiques » (Henri Laborit), soit aux individus que le besoin de survie (par dépendance affective, sociale ou morale) empêche de se libérer d’un entourage et /ou d’un conditionnement aliénant ou qui les asservit. Plusieurs romans ont vu le jour depuis et ont été publiés en France (Paris et Lille). Ce sont « Courte biographie de Gumersindo García », « Les chemins de l'aurore »; « Pacifico »; « Famille sans parole, famille sans joie ». « Contradictions d'une civilisation », « Au nom de l'amour » et « Journal d'un survivant clandestin » sont publiés comme essai, reportage et recueil d’articles. Mon recueil de poèmes « Tangakamanu » en est à sa 3° édition. Je suis convaincu que le féminisme est une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et pour la protection de l'Enfance, contre les violences faites aux femmes et contre les trafics d'êtres humains. Ce féminisme égalitaire (3° mouvement) est la vraie révolution de notre époque, qui peut sauver Notre Monde, lui apporter l’harmonie et sauver l’Enfance.
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