INJONCTION du / des PRÉDATEURS

FANTASME DE LA PROSTITUTION et INJONCTIONS du / des prédateurs

Je ne puis affirmer catégoriquement qu’il en va ainsi pour toutes les personnes qui ont sombré dans la prostitution (…comme j’ai sombré dans l’alcoolisme) mais je veux porter ce témoignage en accompagnement de la détermination farouche de Rosen à porter haut la parole des femmes victimes d’une société patriarcale et machiste – Journée du 25 nov 2014.

Victimes dès la toute petite enfance de l’agression sexuelle sous toutes ses formes, beaucoup d’entre nous avons appris que c’était seulement en permettant l’utilisation objectuelle – le mot « objective » me choque ici – de notre corps (sexuellement) que nous pouvions recevoir caresses et intérêt.

Pour ma part, enfant du viol dans un mariage forcé, je ne recevais jamais de câlins ou de baisers que ce soit le matin ou le soir, hebdomadaires ou mensuels, pour le dire. Toutes ces marques normales d’affection pour d’autres enfants au quotidien étaient chez nous taxées de « manques à l’hygiène » (voyez le personnage de Folcoche dans « Vipère au poing » puis dans « La mort du petit cheval »).

Chez nous, je vivais dans un état de terreur face à la violence et au despotisme.
Un enfant vit en plus comme normal ce qu’il lui arrive, lorsqu’il n’a pas encore de points de comparaison ou que ce qu’il lui arrive lui vient de la main d’adultes avec autorité.
Les caresses ou comportements incestueux (même au sens large du mot) créent chez nous une pré-érotisation et une sensualité qui sont immédiatement repérées par tous les pervers que nous croisons.  Je me souviens que, jusqu’au moment de mon mariage, j’avais ce réflexe de repérer rapidement ces désaxés (obsédés sexuels) lorsque j’entrais dans une pièce,  quelle qu’elle soit,  dans une réunion,  quelle qu’elle soit.

Néanmoins, le but de ce témoignage est de vous parler du fantasme de prostitution.  En effet,  dès l’âge de la puberté,  des enfants comme nous vivent des tourments sexuels atroces à un âge où on devrait pouvoir se passionner pour des tas de projets sociaux ou vocationnels qui nous donnent des pistes et des critères pour se lancer dans la vie sociale.

Le fantasme de prostitution, tout autant que la réelle maladie dite de nymphomanie (les hommes en souffrent aussi mais on le tait, plus facile d’accuser les femmes de tous les maux de la terre…) est une sorte de magnétisme que je qualifierais d’irrésistible du fait, précisément, de l’abandon affectif total que beaucoup d’entre nous vivent, en plus d’avoir été monstrueusement utiliséEs sexuellement,  enfants voire bébés,  pour la satisfaction innommable d’adultes pervers.
Cette valorisation qui nous a été faite par l’offre (= appropriation indue et criminelle) de notre corps comme objet sexuel,  est imprimée dans nos apprentissages de conduite et dans nos références relationnelles.  Y échapper demande une grande force, on peut le voir dans certains films anciens où ce sujet a été abordé.

Hélas, la réaction du public est souvent de penser et de se convaincre (c’est tellement pratique) que les femmes sont « toutes des salopes » et je passe sur les détails des commentaires… Et pourtant, ces terribles conséquences de la pédocriminalité et de l’inceste (en insistant sur les circonstances du secret des actes sexuels soigneusement monnayés par les pervers, des menaces de mort sur des proches, par ex.)  affectent beaucoup d’hommes comme moi.

Deux exemples : celui des dérives exhibitionnistes (femmes et hommes) et ces recherches compulsives de relations sexuelles « pour être dans les bras de quelqu’un » à tout prix, souvent d’inconnuEs rencontréEs au hasard d’une boîte de nuit (des rencontres finalement très risquées mais la prise de risque inconsidérée est également parmi les symptômes des victimes de l’inceste et de la pédocriminalité.

Il m’importe de bien définir les raisons pour lesquelles mon engagement et mes recherches dans le monde de la pédocriminalité sont devenus incontournables et prioritaires dès ma brutale sortie du déni de mon passé (1997) :
En premier lieu, je suis père. Je ne pouvais pas supporter l’idée de rester passif à cause de cela. Il me paraissait vital et super urgent de découvrir la portée de ces crimes et d’en connaître les circonstances et les aléas afin de pouvoir réagir au cas où l’un de mes enfants ou petits-enfants puissent être approchés, et de réagir en toute connaissance de cause, d’être efficace pour les aider vite en cas de nécessité, sans permettre que des personnes à moitié bien préparées fassent avec l’unE d’entre elles / eux une catastrophe comme il en a été avec moi-même.

Oui, ça a pris du temps, beaucoup de temps. Cela paraissait sans fin. Mais je l’ai fait en leur nom, au nom de leur survie et de l’espérance – pour elles et pour eux – de vivre dans un monde plus propre.
Notamment, en étant capable de leur fournir des explications sensées et réalistes sur ces processus et sur le fléau de la prostitution.  J’ai notamment ainsi pu prévenir l’une de mes sœurs face aux dangers « inconnus » que pouvait courir son petit garçon (pourquoi est-ce que, pour les petites filles,  on y pense sans avoir besoin d’être prévenuEs ?).

Plus je rencontrais de victimes, plus j’apprenais sur ce monde vampirique et abject qui emprisonne entre 20 et 38 % des mineurEs… Je me suis sans doute laissé trop absorber face à la priorité de l’assistance à des personnes en grave danger : je m’y suis probablement trop dépensé et j’ai sûrement négligé mes proches à cause de cela.  CertainEs m’en veulent, certainEs me le disent, d’autres gardent un silence qui peut être réprobateur. Mes enfants ne m’ont pas retiré leur confiance.

Victor 2015

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A propos TANGAKAMANU

Je suis né en 1950 dans le «Borinage de Van Gogh» (Belgique). Mon existence et mon épanouissement ont été tronqués par le vampirisme régnant à cette époque dans cette région (viols et maltraitance). Sans formation académique, j’ai exercé différentes activités professionnelles jusqu’en 1982. Après la rencontre avec mon épouse, Basque espagnole (deux enfants et 4 petits-enfants), je me suis installé à Madrid où j’ai écrit trois romans, un recueil de poèmes et un de nouvelles. Rentré au pays pour traiter une dépression nerveuse clinique, je me suis attaché à l’étude des traumas et à l’hypnose, sous la direction de professionnels. L’essentiel de mon analyse sociale et de mon travail d’écrivain s’attache à la conditions des personnes dites «rebelles homéostasiques » (Henri Laborit), soit aux individus que le besoin de survie (par dépendance affective, sociale ou morale) empêche de se libérer d’un entourage et /ou d’un conditionnement aliénant ou qui les asservit. Plusieurs romans ont vu le jour depuis et ont été publiés en France (Paris et Lille). Ce sont « Courte biographie de Gumersindo García », « Les chemins de l'aurore »; « Pacifico »; « Famille sans parole, famille sans joie ». « Contradictions d'une civilisation », « Au nom de l'amour » et « Journal d'un survivant clandestin » sont publiés comme essai, reportage et recueil d’articles. Mon recueil de poèmes « Tangakamanu » en est à sa 3° édition. Je suis convaincu que le féminisme est une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et pour la protection de l'Enfance, contre les violences faites aux femmes et contre les trafics d'êtres humains. Ce féminisme égalitaire (3° mouvement) est la vraie révolution de notre époque, qui peut sauver Notre Monde, lui apporter l’harmonie et sauver l’Enfance.
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