– Prostitution : « cherchez à qui profite le crime… »

« Ce week-end a été l’un des moments les plus douloureux de ma vie », a déclaré Alisa Bernard de l’Organization for Prostitution Survivors, qui a assisté à la conférence d’Amnesty avec sept autres survivantes. « J’ai trouvé insupportable de voir des prostitueurs anonymes et des proxénètes à l’allure de chefs d’entreprise se succéder au micro pour vanter des notions toxiques comme l’autonomisation par la prostitution. Beaucoup de membres d’Amnesty nous ont manifesté leur solidarité, mais la direction de l’organisation a manifestement préféré se rallier à l’industrie du sexe. »

La photo provocatrice affichée en bannière de l’article de Bazelon met l’accent sur des « travailleuses et travailleurs du sexe » autoidentifiéEs qui sont surtout de race blanche et diplômés ; Bazelon reconnaît que ces personnes ne représentent qu’une minuscule portion de la population achetée dans le commerce du sexe : il s’agit des « 1% » qui se prostituent en dilettantes et peuvent choisir de vendre des services de domination, qui excluent généralement un envahissement sexuel par les acheteurs. Ce groupe diffère grandement de la grande majorité des femmes, pour la plupart des femmes de couleur, vendues par des exploiteurs brutaux qui leur imposent des quotas quotidiens de pénétrations ; des femmes achetées par des hommes dont les « rendez-vous » tarifés infligent impunément douleur, souffrance et déshumanisation à ces femmes.

Les récits que nous livrent les sujets interviewés par Bazelon, y compris sur les clips vidéo du NYT qui accompagnent l’article, sont navrants. Beaucoup évoquent leur fragilité et leur épuisement, témoignent du proxénétisme exercé par des partenaires intimes, racontent la brutalité et le harcèlement des policiers, l’isolement social, la pauvreté, la discrimination, l’absence de choix viables et leur souhait que personne d’autre n’ait jamais à faire ce « travail ». Il nous faut tenir compte des itinéraires qui les ont amenés dans le commerce du sexe, une industrie impitoyable qui se nourrit d’agressions sexuelles infligées dès l’enfance, de violence conjugale et d’autres facteurs de vulnérabilité extrême. Nous devons appeler les gouvernements à offrir à ces personnes des services et des stratégies de sortie, et à décriminaliser celles qui vendent des actes sexuels, comme vient de le faire la France.

Le New York Times endosse-t-il la légalisation de la prostitution ?

article du 16/05/2016

par Taina Bien-Aimé

Directrice générale de la Coalition contre la traite des femmes (CATW)

LEBANON-SYRIA-CONFLICT-PROSTITUTION-SOCEITY A Syrian sex trafficking victim smokes a cigarette at her safehouse at an undisclosed location in Lebanon on April 13, 2016, after she fled a brothel in Lebanon where she was being held captive. Lebanese security forces busted a sex trafficking ring involving 75 Syrian women trafficked to Lebanon from their country and forced into prostitution. / AFP / STRINGER (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

Légende de l’image : Le 13 avril 2016, une victime syrienne de la traite fume une clope dans la maison libanaise de transition où elle s’est réfugiée après avoir fui un bordel du Liban où elle était retenue captive. Les forces de sécurité libanaises ont démantelé un réseau de traite d’êtres humains qui avait…

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A propos TANGAKAMANU

Je suis né en 1950 dans le «Borinage de Van Gogh» (Belgique). Mon existence et mon épanouissement ont été tronqués par le vampirisme régnant à cette époque dans cette région (viols et maltraitance). Sans formation académique, j’ai exercé différentes activités professionnelles jusqu’en 1982. Après la rencontre avec mon épouse, Basque espagnole (deux enfants et 4 petits-enfants), je me suis installé à Madrid où j’ai écrit trois romans, un recueil de poèmes et un de nouvelles. Rentré au pays pour traiter une dépression nerveuse clinique, je me suis attaché à l’étude des traumas et à l’hypnose, sous la direction de professionnels. L’essentiel de mon analyse sociale et de mon travail d’écrivain s’attache à la conditions des personnes dites «rebelles homéostasiques » (Henri Laborit), soit aux individus que le besoin de survie (par dépendance affective, sociale ou morale) empêche de se libérer d’un entourage et /ou d’un conditionnement aliénant ou qui les asservit. Plusieurs romans ont vu le jour depuis et ont été publiés en France (Paris et Lille). Ce sont « Courte biographie de Gumersindo García », « Les chemins de l'aurore »; « Pacifico »; « Famille sans parole, famille sans joie ». « Contradictions d'une civilisation », « Au nom de l'amour » et « Journal d'un survivant clandestin » sont publiés comme essai, reportage et recueil d’articles. Mon recueil de poèmes « Tangakamanu » en est à sa 3° édition. Je suis convaincu que le féminisme est une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et pour la protection de l'Enfance, contre les violences faites aux femmes et contre les trafics d'êtres humains. Ce féminisme égalitaire (3° mouvement) est la vraie révolution de notre époque, qui peut sauver Notre Monde, lui apporter l’harmonie et sauver l’Enfance.
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