JOURNAL D’UN SURVIVANT CLANDESTIN (26)

Ce n’est pour un homme ni une gloire ni un mérite d’être et de se déclarer féministe égalitaire. Ce ne peut être non plus un orgueil ou une gloriole. Il s’agit d’un devoir et d’un devoir minimum.
Il existe de toujours des hommes mauvais et des hommes dans l’erreur, comme il existe de toujours des parents mauvais, voire exécrables, et de meilleurs. Il existe aussi de toujours des hommes justes et bons mais ils doivent être pour cela dans le respect inconditionnel de l’autre, ce qui signifie aussi à l’égard des enfants et des femmes dans la perspective de leurs conditions intrinsèques, dans l’empathie.

Bien sûr, d’innombrables êtres masculins ont souffert, en héros ou dans le sacrifice ou dans l’injustice, de tortures et de traitements abjects inacceptables et nous avons vu dans l’Histoire la mise en esclavage, la torture ou l’exploitation systématique d’êtres humains en fonction de leur race ou de leur nationalité mais les femmes ont toujours été, même dans ces groupes, traitées comme inférieures, servantes ou objets. Ainsi que de très nombreux enfants mais dont la majorité étaient de petites filles.

Je ne fais pas ici d’angélisme : je suis féministe depuis l’âge de l’adolescence où l’étude de la littérature m’a permis de commencer à ouvrir les yeux (mais j’avais déjà été « élevé », enfant, dans la culture patriarcale et dans une culture anti-femmes et j’en avais conscience).
Je déclare également que, malgré le crime subi, je suis heureux d’avoir dû vivre toute une enfance et une adolescence de viols et de maltraitance continus (les deux + silence de l’Eglise catholique et de ma famille), dans les plus profondes humiliations et dans la malédiction d’une vie, car ces tortures m’ont permis d’être constamment resté attentif et à la recherche des réalités de ces sujets.

Je remercie particulièrement Odile Boissier (voir fichier), Ayaan Hirsi Ali, Lee Lakeman, Alexandra Mikhaïlovna Kollontaï et Sandrine Goldschmidt mais je dois aussi beaucoup à Bernadette Delarge, Evelyne Sullerot, Simone de Beauvoir, Olympe de Gouges et surtout Lidia Falcon O’Neill et Christine Ockrent et Sandrine Treiner, qui m’ont permis d’aller plus loin dans ces vues, dans une perspective historique à laquelle j’étais déjà attentif. Grâce à elles et à d’autres, je peux être et rester proche et attentif à l’égard de ma fille, de mes petites-filles, de mon ex-épouse, et des nombreuses victimes d’agressions sexuelles continues dans l’enfance (femmes et hommes) auxquelles j’ai pu prêter écoute et assistance dans la mesure de mes moyens, ceci depuis l’âge de 22 ans mais de façon systématique et intensive depuis 1998.

Ces victimes survivantes m’ont aussi permis d’avancer et de sortir de l’ombre des tabous : les ignominies de Notre Monde m’avaient en effet longtemps plongé dans ce que j’appelle la confusion mentale et dans un malaise existentiel où je vivais jusqu’aux années (dès 1997) de ma dépression nerveuse (comme survivant, je méconnaissais mes propres sentiments et j’étais assailli d’émotions incontrôlables jusqu’il y a peu).

Grâce à elles et aux travaux de plusieurs victimologues éminents, j’ai pu retrouver mon identité, ma place dans l’Univers et les limites de mon combat.
Je considère le féminisme égalitaire comme la clé du progrès et de la Liberté dont Notre Monde a urgemment besoin dans son évolution, et comme l’espérance nécessaire dans le statut fait à l’Enfance.

Le mensonge sur le statut des femmes et des enfants dans le monde ne PEUT PLUS être un tabou planétaire dans lequel les jeunes soient élevés ou éduqués, notamment de la main des religions gérées par des patriarches machistes ou même, trop souvent, prédateurs dans tous les sens du mot.

Les organismes chargés de l’Enfance, les magistrats et les ministères de la Justice de tous les pays de Notre Monde doivent IMPÉRIEUSEMENT se recycler et subir les réformes urgentes et nécessaires pour que notre Planète devienne réellement un Monde Libre et Démocratique où les femmes soient respectées et appréciées pour ce qu’elles sont et pour le rôle ÉNORME qu’elles JOUENT EFFECTIVEMENT dans nos sociétés, qu’elles soient politiques, simples citoyennes ou victimes des atroces et indignes rouages de la traite et de la prostitution, comme femmes, mères ou non, simplement admirables, attentives et modèles d’une merveilleuse sensibilité pour n’importe quel homme et enfant.

Les hommes, quelle que soit leur fonction, généralisent trop souvent alentour des contradictions (interprétées comme incompétences) que manifestent d’innombrables femmes ayant été victimes d’abus et ou de viols, répétés ou non mais aussi de violences physiques ou de maltraitances diverses à tout âge, de la part d’un père, d’un frère, d’un oncle, d’un mari et parfois même d’un fils, quand ce n’est pas d’agents d’une force publique ou d’un clerc ou encore de harceleurs de tous bords dès l’enfance, en tous lieux de réunion ou places publiques.

De nombreuses associations et écrivains ou psychologues, victimologues ou non, dénoncent et avertissent aujourd’hui de ces phénomènes qui ne sont d’ailleurs pas l’apanage de femmes violées mais aussi de garçons abusés :

le syndrome de la bêtise, ladite nymphomanie (existant chez les enfants des deux sexes après avoir été initiés à se valoriser uniquement dans l’exploitation sexuelle), la difficulté de concentration (dite distraction chronique ou « paresse »), les phobies qui semblent « typiques de la faiblesse des femmes », les addictions au tabac, à l’alcool ou aux drogues, les états nostalgiques ou états dépressifs, la désorientation, l’incapacité de prendre des décisions, et la liste est encore longue : affections gastriques ou générales du système digestif, vertiges, évanouissements, les fameux maux de dos qui seraient toujours des excuses, comme les migraines, les états langoureux, les pleurs ou les rebellions « sans cause », les discours incohérents, l’ostracisme, le renfermement sur soi, les doutes constants, les états bipolaires ou les comportements borderline, le rejet temporaire de toute vie sexuelle, l’incapacité de s’accoupler avec une personne du sexe opposé, etc…

Si Notre Monde est dramatique, c’est d’abord qu’il est inachevé et chaotique et aucune femme ni aucun enfant n’en doit être tenu pour responsable. Je ne veux pas ressortir les clichés de la barbarie des mâles que d’aucuns voudront sans doute justifier de quelque manière, mais je sais que toute harmonie entre les êtres humains n’est possible qu’à travers l’Amour, qu’il se partage sexuellement ou non.

C’est le grand défi de la compréhension, de l’empathie, de la reconnaissance de ses propres sentiments, finalement plus quadrature du cercle que celle de la communication entre les êtres, et notamment due davantage encore une fois aux prédateurs de tous bords et pas seulement des religions et des sectes.
Les enfants de la dictature et du machisme doivent apprendre à sortir de la culture du déni et du conformisme. vk

– Qui nommes-tu « mauvais» ?
– Celui qui veut toujours faire honte !
– Qu’y a-t-il pour toi de plus humain ?
– Epargner la honte à quelqu’un !
– Quel est le sceau de la liberté acquise ?
– Ne plus avoir honte de soi-même !
(Friedriech Nietzsche – « Le gai savoir» 1887)

Victor KHAGAN – 2012

2 commentaires pour JOURNAL D’UN SURVIVANT CLANDESTIN (26)

  1. Althaea OFFICINALIS dit :

    « Anthropol​ogie de l’inceste, livre 1 : Le berceau des domination​s » par Dorothée Dussy CNRS
    (8 Euros)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s